Non, je n’ai point encore internet chez moi. Je dois acheter un cabeul pour l’avoir dans ma chambre (Simomo, le commentaire sur ton blog était fait avant mon départ). Là, je squatte une connexion wi-fi que je ne suis pas censée utiliser, diantre, c’est mal, j’irai rôtir en enfer et mon gras fera augmenter le cholestérol du Diable.
Dès que j’aurai une connexion légale et décente, je mettrai à jour ce billet avec les coordonnées d’un nouveau blog où vous apprendrez enfin comment j’ai traumatisé le personnel du Thalys, si les soirées erasmus sont à la hauteur de leur réputation et surtout, surtout, vous saurez tout sur le tri sélectif en Allemagne.
En attendant, sachez que la santé va bien, que le moral essaie de suivre à coup(s) de Kölsch(le premier qui trouve sans wikipéder, je lui en offre une dès qu’il me rend visite), et que j’ai vue sur le Rhin.
FAIRE-PART DE NAISSANCE
La bloggeuse est fière de vous annoncer la naissance d’un nouveau-né de déjà un billet. Souhaitons-lui un nouveau design incessamment sous peu et de grandir sous les meilleurs auspices :
Non, ce n’est pas un petit morceau de papier posé sur votre pare-brise qui va vous coûter un bras.
Déjà, c’est du féminin. On dit une PVPB (ooooh !).
Pour Pensées qui Valent Pas un Billet(aaaaah !).
Le concept dérive directement de Pascal, qui avait inventé les “Pensées qui Valent Pas un Bouquin”. Coup de génie, plutôt que de les laisser vagabonder de façon stérile, il les réunit en un même ouvrage qui torturera des générations de candidats au bac. La consécration pour tout philosophe qui se respecte.
Exemples de Pensée qui ne Vaudrait Pas un Billet toute seule :
- Vous vous souvenez de la campagne d’affichage de Ouï FM qui réunissait une grande partie de mon panthéon musical ? J’étais en dessous de la vérité.
Girls & Boys - Blur
Et puisqu’on parle d’Idole Absolu, ben j’ai plein de PVPB à son sujet. Comme son engagement pour un orphelinat londonien reconverti en musée(je suis tombée dessus complètement par hasard en cherchant une sortie pour le week-end de Pâques avec mes hôtes), ou son retour le 10 juillet aux Nuits de Fourvière. Avec lui, tous les artistes de son label Honest Jons, dont Tony Allen, le batteur de The Good, the Bad & the Queen.
En fin de compte, j’aurais peut-être pu en faire un billet.
- Saviez-vous ce qu’est l’esprit d’escalier ?
Penser après coup à ce qu’on aurait pu dire ou faire. Et ensuite, on espère toujours qu’on aura une merveilleuse occasion de ressortir cette réplique débordante de cynisme qui nous est venue trop tard.
Avant hier, il y avait une nénette dans le RER absolument exaspérante avec son téléphone portable, qui potinait allégrement. “Non, mais Célia n’y était pour rien… S’il faut en avoir après quelqu’un, c’est à Charline… Oui, mais j’en ai parlé à Gaëtane, qui m’a dit qu’elle lui avait raconté que j’avais pleuré à cause de Tristan… Non mais déjà, c’est impossible puisque je n’ai jamais pleuré pour ce mec, et en plus je ne l’ai jamais dit à personne. (donc elle a bien pleuré !!! ah ah !!!) Je te jure, on se serait cru dans la cour de récré, quand tu te dispute avec ta meilleure amie et qu’elle te regarde pleurer en rigolant avec ses potes !”
Pour un peu, je l’aurais presque enviée, avec ses problèmes de sitcom. Elle au moins ne se prenait pas la tête avec des cours, des dossiers et des exams.
La dernière de l’IEP, c’est d’augmenter les droits d’inscription pour financer une réforme qu’on n’a jamais voulue. 4 ans après mon bac et toujours sans diplôme professionnellement valorisable, ces gens-là se sucrent sur mon dos et je ne suis même pas sûre d’avoir en retour la formation que j’attendais. Si je ne suis pas admise en journalisme, c’est simple, je leur colle un procès. Pour espoirs déçus.
Je sature sous les formalités, les choses sérieuses se précipitent pour l’Allemagne, et honnêtement, j’en suis à me demander si je ne vais pas tout plaquer pour élever des chèvres en Haute-Savoie.
Ou devenir écrivaine, comme quand je tapais sur ma machine à écrire mécanique des suites au Club des cinq.
Somme toute, je n’aurais pas de revenus non plus, mais au moins je saurais où cela me mène.
Des fois, j’aime bien me dire que ce doit être mes hormones qui me travaillent. Elle a bon dos, la condition féminine.
Je m’étais dit, après lundi, je me mets au boulot.
Je réponds aux 40 mails qui me pressent de relancer ma vie sociale(rencontres d’anciens élèves et autres retrouvailles) et estudiantine.
Je révise mon allemand parce que l’anglais, on a toujours des restes. L’allemand sans pratique, c’est comme le tennis.
Je prépare mon séjour parce qu’au moindre problème en débarquant à Cologne pour rejoindre Bonn, je vais tenter de me débrouiller en allemand, on va me répondre à 200 à l’heure, et je vais me résoudre piteusement à l’universel : “Euh… Dou you spique in gliche ?“. L’humiliation absolue après 10 ans d’allemand LV1 et mauvais départ pour un séjour linguistique où tu es supposé suivre des cours déjà compliqués en français, en version originale.
Alors Gilmore Girls sur France 4 quand je devrais chasser les chaines allemandes sur la TNT, c’est le mal. La vile tentation.
Mais que voulez-vous… Après 5 jours de joyeuse glandouille, on est mal habitué. Pourtant, il s’en est passé, des choses, en 5 jours.
Mes hôtes, quand je leur disais “il y a un problème avec mon oystercard” ou “Pourtant j’ai demandé le chemin”, ils étaient persuadés que ma compréhension défaillante de l’anglais était en cause. Erreur : c’est oublier que j’ai TOUJOURS des petits tracas. Donc j’avais bien réservé un taxi pour le jour de mon départ. En précisant une bonne dizaine de fois l’adresse et l’heure, et que j’allais à Heathrow terminal 4.
Généralement, je dis bien généralement, quand on se rend à l’aéroport, on est un peu pressé.
Le motif principal des gens qui se rendent dans un aéroport, c’est prendre un avion.
Alors vous comprenez qu’ils aiment bien arriver à l’heure.
C’est presque mot pour mot ce que j’ai vociféré au chauffeur de taxi qui s’insurgeait que j’en aie appelé un deuxième alors qu’il avait 20 minutes de retard. Oui : je me suis payé le luxe de péter un cabeul dans la langue de Shakespeare. En mangeant un mot sur deux, parce que je me tanne pas mal de la grammaire quand je suis en colère.
Si j’avais été au cinéma, j’aurais presque apprécié le grotesque de la scène : une petite française et une jeune maman avec un bébé dans les bras, hurlant sur un chauffeur de taxi dans un quartier résidentiel tranquille de Londres, pendant qu’un deuxième chauffeur chargeait paisiblement plusieurs tonnes de bagages dans SON véhicule.
Après quoi je suis montée en me rongeant les sangs parce que Britiche Airwouaives, ils ne plaisantent pas avec les horaires d’enregistrement. La dernière fois, mon rapport de stage a pris un vol séparé pour Toulouse et j’ai montré au père de mon bonhomme ce qu’était une hystérique en pleine crise de panique.
Après tout, 15h, ce n’est pas une heure de pointe.
En France.
Sauf qu’en Angleterre, c’est l’heure à laquelle les écoliers rentrent chez eux.
En anglais, on dit “rush hour”.
Mon chauffeur assure presque autant que Jackie Chan et fait un petit détour. Saris multicolores, bijouteries rutilantes et boutiques de musique indienne s’alternent tout au long de la route.
Je ne suis plus à l’Ouest de Londres sous les giboulées de mars. Je suis à Bombay et c’est la saison des pluies.
Mon chauffeur entreprend de changer les idées à sa passagère sous pression. Qu’est-ce que je fais à Londres à part insulter ses confrères ? De l’opéra, vraiment ? (là, je me dis “plus de deux mois et mon accent est toujours aussi pourri”).
Ah, je suis française ? C’est marrant, on jurerait que je suis australienne(o_O ???).
Et pourquoi je suis venue ici ? Parce que pour travailler une langue étrangère, le meilleur moyen, c’est trouver un boyfriend local. Je réponds que le préposé français risque de ne pas adhérer complètement.
L’ami garçon en question arrive 2 jours plus tard.
Il déteint sur ma mère qui dit “pas grave”(vous connaîtriez ma mère, vous trouveriez cela incroyable).
Quand j’allume mon ordinateur, on voit bien qu’un geek est passé par là. Firefox a fini par détrôner Internet Explorer et deux antivirus gratuits combattent tout seuls et plus vaillamment que ne l’a jamais fait mon antivirus à 40 euros dont je ne sais pas me servir.
Comme d’habitude, rien ne se passe jamais comme je l’avais prévu, mais en mieux.
On rate le film qu’on devait aller voir, mais à la place, on trouve un café dans le XIIIème où ils servent des cocktails aux noms d’îles paradisiaques dans des coquillages. Ca s’appelle Acrobates et Funambules, avec la décoration que le nom implique, et si vous n’y allez pas pour l’ambiance, ce sera pour goûter la crème au chamallow et me faire regretter de ne pas avoir cédé à la tentation.
Non mais c’est vrai, avec le nombre de fois où je les fais chaque année, comment ça se fait qu’elles soient toujours déséquilibrées et prêtes à exploser ?
- Bagages : prêts
- Taxi pour Heathrow : réservé
- Chambre : presque plus propre qu’à mon arrivée
- Billet pour vous dire que je ne serai pas là quelques jours : en cours.
Wahou wahou, quelle transition de la mort qui tue pour de vrai !
Je rentre donc au pays, où j’ai décidé de m’accorder 5 jours pour printiner(la grande prêtresse du néologisme a encore frappé).
Printiner, ça veut dire dormir, me bichonner parce que mon petit corps fatigué est en piteux état, sortir ma Môman qui s’ennuie, et roucouler avec Canarovore. Au programme, shoppinge, restos, ciné, câlins et surtout, zéro stress. C’est pas que ce blog me stresse, mais voyez-vous, j’ai envie de prendre un peu de temps rien que pour ma famille, mon amoureux, et moi. Comme diraient mes hôtes, la douceur de vivre à la française. Ils aiment bien les Italiens, aussi. Sûrement pour la Dolce Vitta. D’ailleurs, la prochaine au-pair de Petit Bouchon sera italienne.
Après l’idyllique printination, il me faudra me mettre dans le bain pour l’Allemagne, organiser mon départ avec le strict minimum de bagages parce que mes parents n’ont pas l’intention de m’aider à déménager (à moi les assiettes en carton et la décoration spartiate), et vérifier la théorie de mon Toubib bien-aimé selon laquelle ma tension est affolante quand je suis chez mes parents.
Dieu merci, j’ai tout de même l’intention de m’accorder quelques retrouvailles avec des amis parisiens et… Un retour sur ce blog (après 5 jours d’abstinence, les idées, que dis-je, les envies de billet vont se bousculer dans mon petit crâne stupide fertile)
La bloggeuse survivra-t-elle à 4 mois d'exposition intensive à la langue de Goethe ? Le groupe Blur se reformera-t-il un jour ? Bourdieu sera-t-il béatifié suite à une requête du lobby des sociologues ?
Si ces questions vous intéressent, vous pouvez suivre mes monomanies sur http://sijavaisu.over-blog.com .
Et comme c'est plein de souvenirs ici, je ne ferme pas. Vous pouvez continuer à commenter sur les sujets qui vous inspirent !
Au plaisir !
Ca arrive à des gens très bien
- Ce matin, il a neigé sur Londres o_O De la neige à Pâques...
- Je me suis inscrite à la journée d'accueil des Erasmus de ma future fac teutonne.