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“Musique qui réchauffe le coeur”

30 décembre, 2007

Quand je vois quelque chose de récurrent sur la blogosphère, je décrète aussitôt “eh bien moi, je ne le ferai pas”. Pur esprit de contradiction. Ou petite vanité de se dire qu’on ne fait pas comme tout le monde. Voire les 2 à la fois.
Mais je ne peux pas résister au plaisir de répondre aux requêtes Gougueule qui vous ont amenés dans mon humble chez-moi (où vous êtes accueillis à bras ouverts, quoi que vous cherchiez, et que vous l’ayiez trouvé ou non). Surtout quand elles sont aussi charmantes que celle-ci :

“Musique qui réchauffe le coeur”

Attention, fragile!

Ben mon pauvre lecteur! Qu’est-ce qu’il t’a fait, ce salaud < oh le vilain parti pris!

Qu’est-ce qu’on a bien pu vous faire pour que vous soyiez désespéré au point de n’avoir plus que Gougueule à qui demander du réconfort?

Votre patron vous maltraite? (ça arrive à des gens très bien)
Personne ne vous a invité pour le jour de l’an?
Votre moitié vous néglige?

Allez, je vois bien que ce n’est pas de remuer la plaie sous le couteau dont vous avez besoin. J’arrive telle Super Lysi au secours des pauvres mélomanes en détresse avec des chansons riches en tendresse :

I wish that I could see you soon - Herman Düne :

The perfect lovesong - The Divine Comedy :

Il est fortement conseillé de dépasser les doses prescrites de The Divine Comedy dont les mélodies enchanteresses sont un avant goût du bonheur.

Somewhere only we know - Keane :

All the same - Sick Puppies :

Waterloo Sunset - The Kinks :

A défaut de pouvoir regarder le soleil se lever au dessus de la gare de Waterloo, aussi longtemps qu’on peut écouter cette chanson, on se sent déjà au paradis, n’est-ce pas? ;)

Tender - Blur :

This is a low - Blur :

Si vous n’êtes pas tout chamallow, peace, love and understanding après Blur à Glastonbury, moi, je ne peux plus rien pour vous. Mais je suis sûre que mes Super Lecteurs vont se précipiter pour suggérer d’autres pistes en renfort. La blogosphère, ce monde merveilleux où la solidarité est érigée en valeur absolue!

Alors, heureux?

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Initiale J.C.

27 août, 2007

Non, pas Jésus Christ.
Non, pas Joe Cocker non plus.
Mais vous chauffez.
C’est, c’est…Jarvis Cocker.
VOUS NE CONNAISSEZ PAS JARVIS COCKER???
Honte sur vous et vos descendants!
Déjà, nul n’est censé ignorer Pulp.
Et en plus, si vous vous étiez jetés comme un seul homme sur la première opportunité de voir Glastonbury, ce qui était le but de mon billet, vous n’auriez pas pu ignorer bien longtemps qui était Jarvis Cocker. Sans doute l’une des prestations les plus mémorables sur scène qu’il m’ait été donné de voir dans ce film.

Et depuis, j’écoute Common people en boucle. Je sais. Il faut que j’arrête avant que la britpop n’aie raison des derniers lambeaux de jugeotte qu’il me reste.

She came from Greece she had a thirst for knowledge
She studied sculpture at Saint Martin’s College, that’s where I caught her eye.
She told me that her Dad was loaded
I said in that case I’ll have a rum and coke-cola.
She said fine and in thirty seconds time she said, I want to live like common people
I want to do whatever common people do,
I want to sleep with common people
I want to sleep with common people like you.
Well what else could I do - I said I’ll see what I can do.

I took her to a supermarket
I don’t know why but I had to start it somewhere, so it started there.
I said pretend you’ve got no money, she just laughed and said oh you’re so funny.
I said yeah? Well I can’t see anyone else smiling in here.
Are you sure you want to live like common people
You want to see whatever common people see
You want to sleep with common people,
you want to sleep with common people like me.
But she didn’t understand, she just smiled and held my hand

Rent a flat above a shop, cut your hair and get a job.
Smoke some fags and play some pool, pretend you never went to school.
But still you’ll never get it right
‘cos when you’re laid in bed at night, watching roaches climb the wall
If you call your Dad he could stop it all.
You’ll never live like common people
You’ll never do what common people do
You’ll never fail like common people
You’ll never watch your life slide out of view, and dance and drink and screw
Because there’s nothing else to do.

Sing along with the common people, sing along and it might just get you thru’
Laugh along with the common people
Laugh along even though they’re laughing at you and the stupid things that you do.
Because you think that poor is cool.

Ca aurait pu s’arrêter là. Mais j’ai découvert que Jarvis Cocker avait une vie en dehors de Pulp. Dont une chanson que j’appréciais énormément sans même savoir qu’il en était l’auteur…

Oui oui, vous avez bien reconnu, il s’agit bien d’une scène du film Harry Potter et la Coupe de feu… Où Jarvis Cocker et ses accolytes (dont deux, je crois qu’il faut le signaler, sont d’éminents membres de Radiohead) incarnent les Weird Sisters! Et Do the hypogriff, rien à faire, ça dépote.

Et que dire de Magic works… Sinon qu’elle réveille le souvenir mouillé de larmes de nos premiers slows…

Alors je me suis jetée avec avidité sur son album solo.
Et vous savez quoi? C’est -à mon humble avis- bien meilleur que Pulp. Absolument jouissif. Ca commence dès que vous ouvrez le boîtier, avec des recommandations sur le meilleur usage à tirer du CD, qui m’a faite sourire 5 minutes, et vous me connaissez, c’est le genre de détails qui fait toute la différence. Et ça continue avec des clips qui ne déméritent pas, tant qu’à faire.

Don’t let him waste your time (écrite à l’origine pour Nancy Sinatra dont je vous ai déjà parlé, ah, que le monde de la musique est petit!)

Running the world

Concluons sur une touche chauvine… Mais je ne vous ferai pas l’insulte de vous présenter cette reprise, que dis-je? Cet hommage, magnifié par le souffle de Jarvis entre les mots…

C’est officiel, messieurs-dames, j’annonce solennellement en votre estimée présence l’entrée de Jarvis parmi les sommités de mon panthéon musical!

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Julien Temple dépimente votre vie

16 août, 2007

Regarder un film de Julien Temple vous donne immédiatement l’impression que votre vie est d’une platitude navrante.

C’est plein de gens qui brûlent la vie par les deux bouts, ont la classe des vrais rebelles et l’air de ne même pas faire exprès.
Prenez Joe Strummer, héros de The Future is unwritten (dont Julien Temple dit, dans une très bonne interview, qu’il voulait que quelqu’un qui n’aie jamais entendu parler des Clash sache comment ça s’est passé. Et c’est réussi. Cela dépasse peut-être même les Clash, voire la musique. C’est une plongée dans l’état d’esprit des 30 dernières années si mouvementées du XXème siècle.) et apparition remarquable dans Glastonbury (7 salles en France diffusent TFIU, 2 seulement Glastonbury. Dont une dans MA ville. Où il y a tout ce qu’il faut, sauf Idole Absolu, mais je ne désespère pas.)
Ou Michael Eavis, le fermier qui a organisé le festival de Glastonbury sur ses champs. J’ai passé tout le film à me demander à qui il me faisait penser. Et ce matin, en voyant le chauve barbu qui prend le même TER que moi, ça m’est revenu.

EavisLocke

Vous sortez du cinéma, ce sont vos héros, des visionnaires, des humanistes. Mais Julien Temple a pris soin de vous les présenter avec suffisamment de faiblesses pour qu’ils restent des humains et que votre admiration ne soit pas ternie par un désagréable sentiment d’avoir adopté un point de vue comme une marque de lessive. *
Vous me direz, ceux-là sont célèbres… Mais Julien Temple sait rendre n’importe quel pékin venu se défoncer oreilles et foie à Glastonbury charismatique.
Plusieurs solutions.
Soit vous choisissez de passer à côté d’un cinéaste de génie, pour vous contenter de votre vie telle qu’elle est.
Soit vous prenez le risque, vous trouvez votre vie piteuse, et vous déprimez.
Soit vous vous promettez d’oublier vos complexes, vos peurs et votre éducation, et de vivre, enfin. Merci qui? Merci Julien!

* Moi aussi, je sais faire. Alors je vais ajouter un bémol à mon éloge dithyrambique à Monsieur Julien. Je n’ai rien compris (si tant est qu’il y avait quelque chose à comprendre, le chaos total de ce film semblant être voulu) à “The Great Rock’n'roll Swindle”. Tout ce que j’ai tiré du film, c’est le sentiment plus vif que jamais que ma fascination pour les Sex Pistols était terriblement en contradiction avec mon éducation et style de vie, à l’exception de mon goût prononcé pour le bruit. Mais à sa décharge, “La grande arnaque du rock’n'roll” (littéralement) était son premier long métrage. Je meurs d’envie de donner une seconde chance à l’association Temple/Sex Pistols avec The Filth & the Fury (traduit “l’obscénité et la fureur”, ça fait tout de suite moins rock’n'roll, pas vrai?)