Articles reli´s: «:The Beatles»

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Eloge de la paresse

1 avril, 2008

Je m’étais dit, après lundi, je me mets au boulot.
Je réponds aux 40 mails qui me pressent de relancer ma vie sociale (rencontres d’anciens élèves et autres retrouvailles) et estudiantine.
Je révise mon allemand parce que l’anglais, on a toujours des restes. L’allemand sans pratique, c’est comme le tennis.
Je prépare mon séjour parce qu’au moindre problème en débarquant à Cologne pour rejoindre Bonn, je vais tenter de me débrouiller en allemand, on va me répondre à 200 à l’heure, et je vais me résoudre piteusement à l’universel : “Euh… Dou you spique in gliche ?“. L’humiliation absolue après 10 ans d’allemand LV1 et mauvais départ pour un séjour linguistique où tu es supposé suivre des cours déjà compliqués en français, en version originale.

Alors Gilmore Girls sur France 4 quand je devrais chasser les chaines allemandes sur la TNT, c’est le mal. La vile tentation.

Mais que voulez-vous… Après 5 jours de joyeuse glandouille, on est mal habitué. Pourtant, il s’en est passé, des choses, en 5 jours.

Mes hôtes, quand je leur disais “il y a un problème avec mon oystercard” ou “Pourtant j’ai demandé le chemin”, ils étaient persuadés que ma compréhension défaillante de l’anglais était en cause. Erreur : c’est oublier que j’ai TOUJOURS des petits tracas. Donc j’avais bien réservé un taxi pour le jour de mon départ. En précisant une bonne dizaine de fois l’adresse et l’heure, et que j’allais à Heathrow terminal 4.
Généralement, je dis bien généralement, quand on se rend à l’aéroport, on est un peu pressé.
Le motif principal des gens qui se rendent dans un aéroport, c’est prendre un avion.
Alors vous comprenez qu’ils aiment bien arriver à l’heure.

C’est presque mot pour mot ce que j’ai vociféré au chauffeur de taxi qui s’insurgeait que j’en aie appelé un deuxième alors qu’il avait 20 minutes de retard. Oui : je me suis payé le luxe de péter un cabeul dans la langue de Shakespeare. En mangeant un mot sur deux, parce que je me tanne pas mal de la grammaire quand je suis en colère.

Si j’avais été au cinéma, j’aurais presque apprécié le grotesque de la scène : une petite française et une jeune maman avec un bébé dans les bras, hurlant sur un chauffeur de taxi dans un quartier résidentiel tranquille de Londres, pendant qu’un deuxième chauffeur chargeait paisiblement plusieurs tonnes de bagages dans SON véhicule.

Après quoi je suis montée en me rongeant les sangs parce que Britiche Airwouaives, ils ne plaisantent pas avec les horaires d’enregistrement. La dernière fois, mon rapport de stage a pris un vol séparé pour Toulouse et j’ai montré au père de mon bonhomme ce qu’était une hystérique en pleine crise de panique.

Après tout, 15h, ce n’est pas une heure de pointe.
En France.
Sauf qu’en Angleterre, c’est l’heure à laquelle les écoliers rentrent chez eux.
En anglais, on dit “rush hour”.
Mon chauffeur assure presque autant que Jackie Chan et fait un petit détour.
Saris multicolores, bijouteries rutilantes et boutiques de musique indienne s’alternent tout au long de la route.
Je ne suis plus à l’Ouest de Londres sous les giboulées de mars. Je suis à Bombay et c’est la saison des pluies.

Mon chauffeur entreprend de changer les idées à sa passagère sous pression. Qu’est-ce que je fais à Londres à part insulter ses confrères ? De l’opéra, vraiment ? (là, je me dis “plus de deux mois et mon accent est toujours aussi pourri”).
Ah, je suis française ? C’est marrant, on jurerait que je suis australienne (o_O ???).
Et pourquoi je suis venue ici ? Parce que pour travailler une langue étrangère, le meilleur moyen, c’est trouver un boyfriend local. Je réponds que le préposé français risque de ne pas adhérer complètement.

L’ami garçon en question arrive 2 jours plus tard.
Il déteint sur ma mère qui dit “pas grave” (vous connaîtriez ma mère, vous trouveriez cela incroyable).
Quand j’allume mon ordinateur, on voit bien qu’un geek est passé par là. Firefox a fini par détrôner Internet Explorer et deux antivirus gratuits combattent tout seuls et plus vaillamment que ne l’a jamais fait mon antivirus à 40 euros dont je ne sais pas me servir.
Comme d’habitude, rien ne se passe jamais comme je l’avais prévu, mais en mieux.
On rate le film qu’on devait aller voir, mais à la place, on trouve un café dans le XIIIème où ils servent des cocktails aux noms d’îles paradisiaques dans des coquillages. Ca s’appelle Acrobates et Funambules, avec la décoration que le nom implique, et si vous n’y allez pas pour l’ambiance, ce sera pour goûter la crème au chamallow et me faire regretter de ne pas avoir cédé à la tentation.

C’était bien.
Très.
Et court.
Trop.

Je pars donc en Allemagne le 8.

J’ai la trouille.

Pensons fou, pensons fou.

Le fou

The fool on the hill - The Beatles :

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Batterie épuisée

3 mars, 2008

L’angoisse de la page blanche

Honteusement pompé chez Hugues Hausman

Bien sûr, que je manque d’inspiration. En fait, pas exactement : j’ai quelques idées, et puis je me dis “mmoui, bof, est-ce que ça intéresse quelqu’un?”
J’ai pensé à déménager sur Overblog. J’ai commencé à faire les cartons… Et puis grande vague de flemme : “mmmoui, bof, est-ce que ça vaut la peine?”
Cela dit, j’ai comme toujours d’excellentes excuses à mon manque de productivité : j’ai la crève du siècle. L’avantage, c’est que je me concentre sur ma guérison plutôt que sur la phase précédente : les pensées en dents de scie.
Je suis atrocement lunatique.
Un moment, je pense “il faut que je quitte ce pays, je suis pas payée, je sors pas de la semaine, je mange toute seulette n’importe quoi à pas d’heure (or quand l’appétit va, tout va v_v), je veux un steak et puis je veux rentrer maisooon” aaaaaarg!.
Et la minute d’après, on m’apporte une tulipe pour “mettre un peu de printemps dans ma chambre”, ou on me dit que Petit Bouchon me traite comme une grande soeur, et c’est plus fort que moi, je fonds à l’intérieur, et tant pis si la grippe a raison de moi, je vais achever mon pitoyable reste de voix en chantant Edith Piaf. *soupir*

Oui, Edith Piaf.

Edith Piaf, les Beatles et Franz Ferdinand, c’est le trio improbable qui marche à tous les coups avec Petit Bouchon.

The Dark of the Matinee - Franz Ferdinand : (it’s better in the matinee, the dark of the matinee is mine, yes it’s miiiiiiiiine - keuf keuf keuf !)

La vie en rose - Edith Piaf :

All you need is love - The Beatles :

Bon, d’accord, les goûts de Petit Bouchon sont légèrement influencés par les quelques chansons dont je connais les paroles.

De toute manière, ça a toujours été comme ça avec moi. Quand je boude, le Papounet sait qu’il n’a qu’à me faire un bisou ou me donner un surnom complètement crétin, et pouf, ça y est, je suis toute meringue, chamallow et chocolat fondu.

Je sais pas bouder.

Y en a un autre qui est très fort pour ça.
Une minute, je pense “Ouiiiiiiiin, pas de webcam de tout le week-end, je vais mouriiiiiiiir, où est le pont le plus proche ?”. ;_;
A la minute suivante, un sursaut de fierté du genre “M’en fous, j’ai besoin de personne, je suis forte et indépendante d’abord !!!” fume.gif
Et puis je reçois un SMS.
Et là c’est comme si j’avais avalé Barbara Cartland. nyaaaaaan!
Avec le chien.

Barbara Cartland

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Last night the Beatles saved my life

31 janvier, 2008

Je suis sur les rotules (que j’ai fort usées du reste, à force de ramper. J’ai enfin compris pourquoi nos ancêtres sont passés à la station debout.). C’est une lourde tâche, distraire un bébé dont la capacité de concentration dure environ 2 minutes. Il n’y a que deux choses qui calment durablement ma patronne en culotte courte :

Planter ses minuscules, mais néanmoins acérés, crocs dans ma tendre chair. Vous comprendrez aisément qu’à moins d’apprendre l’informatique à coups de battements de paupières, il me fallait trouver une alternative avant de finir manchotte.

M’écouter chanter Yellow Submarine. Ca a été une révélation.

Yellow Sumarine - The Beatles :

Un bébé de 9 mois ne sera pas très scrupuleux sur votre (mé)connaissance des paroles. N’empêche que pour vous, ça peut finir par être lassant de fredonner “We all live in a yellow submarine, yellow submarine, yellow submarine. Euh… Lalala la lala lala lala, la lalalala, lalalalala…”, surtout que le tyran en herbe sur vos genoux boude dès qu’il vous prend l’envie d’arrêter. Et puis, sait-on jamais, vous pourriez en avoir besoin pour des marmots plus âgés, donc plus exigeants.

Yellow submarine

In the town where I was born,
There lived a man,
Who sailed the seas,
And he told us of his life,
In the land of Submarines,
So we sailed into the sun,
Till’ we found a sea of green,
And we lived beneath the waves,
In our yellow submarine.

We all live in a yellow submarine,
A yellow submarine,
A yellow submarine.

And my friends are all aboard,
Many more of them live next door,
And the band begins to play,
(orchestre)

We all live in a yellow submarine,
A yellow submarine,
A yellow submarine.

And we live a life of ease,
Everyone of us,
Has all we need,
Sky of blue (Sky of blue)
And sea of green (Sea of green)
In our yellow (In our yellow)
Submarine (submarine!)

We all live in a yellow submarine,
A yellow submarine,
A yellow submarine.

Bref, la preuve est faite du caractère universel et indémodable des chansons des Beatles, si elle restait à faire. Les Anglais l’ont bien compris, et continuent à vendre CDs et produits dérivés à un prix excessif pour une oeuvre qui devrait être gratuite, au même titre que tout service d’intérêt général v_v

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Pourquoi je travaille un vendredi soir

27 octobre, 2007

Non, ce n’est ni du masochisme, ni de la conscience professionnelle ^^’ C’est tout bêtement la fameuse opportunité professionnelle (nom de code : OP), dans laquelle j’investis beaucoup de temps et d’énergie parce que je suis obsédée par la phrase que m’a dite une journaliste déjà dans la place m’a dite : “il faut garder un pied dans la porte”. Autrement dit, ne pas perdre bêtement les contacts et le réseau précieusement construits pendant 4 mois, pour revenir dans 2 ans après mes études où personne ne se souviendra de moi. Et comme on ne peut pas bosser pour quelqu’un d’autre sous le nez de Dragonne, je fais des heures sup’ avec M (oui… De temps en temps, mes références djaimsbondesques refont surface).

M

D’accord, c’est peut-être un brin masochiste. Parce que personne ne m’impose d’en faire autant, ni de remporter le Pulitzer à 23 ans, et mes proches ne m’aimeront pas moins (du moins j’espère ^^’) si ma carrière n’est pas une réussite totale.
Mais que le boulot passe avant tout le reste, pour moi, c’est tout simplement une question de cohérence.
Parce que c’est ce que j’ai fait toute ma vie (pour des raisons qu’on va éviter de développer avant de tomber dans la psychologie de bas étage).

Vous me direz qu’il est toujours temps d’inverser la tendance
Mais je me retrouverais à rendre inutiles tous mes sacrifices. Avouez que ce serait dommage.
Et puis, 20 ans de travail, à respirer pour le boulot, à n’espérer qu’un boulot, à parler inlassablement de mes études et de mes projets, ça laisse des traces. Au bout d’un mois à penser à autre chose, je m’ennuierais certainement.

Aujourd’hui, je fais ce que j’ai toujours rêvé de faire… Même si je passais moins de temps à construire mon avenir professionnel, je continuerais à écrire. Les claviers d’ordinateur sont mes touches de piano. Je ne sais faire que ça, c’est mon oxygène. Peut-être la seule chose pour laquelle je m’estime un peu. Et si on m’en privait, je m’étiolerais.

Paperback writer - The Beatles :

J’ai eu des périodes où j’ai regretté d’avoir laissé tant de choses passer après mes études. Mais elles ne dureront jamais aussi longtemps que les regrets que j’aurais si je ne faisais pas tout pour avoir LE métier de mes rêves.

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Bienvenue à Alcatraz

18 septembre, 2007

A 16h40, même si je n’avais plus que 20 minutes à tirer avant de m’évader prendre le bus qui me ramènerait dans mon appartement où tout ce qui m’attend est un renne en peluche, un bambou et une chaîne hi-fi, j’ai ressenti le besoin impérieux de sortir prendre l’air.

Mon nouvel employeur est nettement plus impressionnant que le précédent. D’ailleurs, mon nouvel employeur vient tout juste de racheter le précédent. Quand vous arrivez en transports en commun, vous ne pouvez pas vous tromper : la rue porte le nom du grand manitou du groupe, le bar en face porte le nom du journal, et puis de toute manière, dans ce quartier, il n’y a rien d’autre que le siège de l’Empire. De l’extérieur, ça en jette, il y a un service de sécurité qui patrouille même la nuit des fois que l’un de nous veuille faire sauter l’bureau pour avoir un délai supplémentaire pour son article, une sculpture qui est fort probablement la 3ème que cherchait Simomo l’autre jour, et des arbres majestueux. Tout est fait pour qu’en arrivant le matin, vous ayiez l’impression de faire partie d’une grosse machine.

La rédac’ pour laquelle je bosse est depuis peu située dans un bâtiment qui fait partie intégrante de la Cité Interdite. On y travaille tous dans le même bureau, les fenêtres ne s’ouvrent pas, et la climatisation rendrait malade un ours polaire.
Là, je crois vous avoir suffisamment mis dans l’ambiance pour vous donner envie de sortir aussi. Ajoutez que demain, c’est bouclage pour l’hebdomadaire qui constitue l’essentiel de l’activité de ma rédac’, donc il règne une ambiance, comment dire… Aussi cordiale que les relations de Kennedy et Khroutchev au moment de la crise de Cuba.

Donc, je suis sortie prendre l’air.

Et là, j’ai pensé : “Oh mon Dieu… On dirait la promenade quotidienne du prisonnier!!!”
Heureusement que je ne fume pas. Sinon, j’aurais l’impression de fumer la cigarette du condamné.

A hard day’s night - The Beatles :

N’empêche, j’aime encore ce boulot de cinglé. Ce que je fais en ce moment, je n’en ferai pas toute ma vie, cette expérience aura au moins eu l’avantage de m’en donner la quasi-certitude. Mais le journalisme reste toujours ma vocation. Même si le milieu est “bouché” comme le répète mes aînés blasés, même si je ne ferai pas forcément ce que je veux.
Je pensais au départ qu’il me faudrait gagner en confiance en moi pour faire ce métier. Mais c’est ce métier qui m’apporte de l’assurance. Il m’arrive de penser “fais comme si c’était pour le boulot” dans ma vie de tous les jours…

Et puis, il y a une collègue qui m’a dit qu’elle connaissait quelqu’un à Londres qui pouvait peut-être me faire bosser… Rendez-vous compte, non seulement j’aurais un boulot, mais potentiellement intéressant, en plus! (jusqu’à présent, j’étais prête à être jeune fille au pair ou serveuse dans n’importe quel fast-food, du moment que je gagnais un peu de choux pour financer le séjour. Mais sur un CV, pour le métier que je veux faire, il y a mieux ^^’)