J’aime le vendredi.
Le vendredi est le jour où je ne fais que des agendas (“La communauté de communes du Pays des Schtroumpfs organise une conférence-débat sur la nouvelle réglementation en matière d’abattage des bestiaux, le jeudi 6 décembre à 20h40. Les thèmes du gavage, de la mise à mort et de la salaison seront notamment abordés”), ce qui ne me demande pas un effort intellectuel excessif, mais me déculpabilise totalement parce qu’au moins, je ne glandouille pas honteusement.
Friday I’m in love – The Cure :
Le vendredi n’est pas encore le samedi, où l’on doit se dépêcher de faire un maximum de trucs qu’on ne pourra pas faire dimanche parce que tout est fermé, au point qu’on n’en profite même pas.
Mais ce n’est pas non plus le dimanche, où l’angoisse augmente au fur et à mesure qu’on approche du lundi.
Le week-end, en somme, dure de vendredi 17h à l’heure à laquelle la fatigue d’une dure semaine de travail a raison de vous. A ce moment-là, vous tombez dans les bras de Morphée (ou de quelqu’un d’autre
) parce que vos paupières sont lourdes, et pas parce que vous pensez que demain il faudra se lever à 7h et que vous allez encore arriver à la bourre au boulot, avec le regard lumineux de Pete Doherty, la coiffure des Jackson 5 et le bleu de Tina Turner (oh mon Dieu, j’ai osé!) parce que vous vous êtes vautré lamentablement en courant pour arriver à l’heure. Et le temps que votre ego, les ouvriers morts de rire et votre coude s’en remettent, votre impardonnable retard lui ne s’est pas arrangé. Qu’est-ce qui vous fait dire que ça sent le vécu?
I love you but you’re green – The Babyshambles :
I want you back – The Jackson five :
A fool in love – Tina Turner :
Le vendredi, c’est particulièrement merveilleux quand vous n’avez pas à dire “il faudrait peut-être que j’y aille, je bosse demain” alors que vous êtes bourré bien et que ça ne devrait jamais se terminer.
Et en prime, ce qui va faire de ce vendredi un moment merveilleux, c’est que l’avent débute dimanche et que je deviens complètement gâteuse à l’approche de Noël. Enfin, disons encore plus que d’habitude.
Toulouse se pare de décorations de Noël et de lumières enchanteresses, la presse régionale que je suis obligée de me cogner tous les matins a troqué les faits divers les plus glauques contre un déluge de bons sentiments, et je vais me faire un devoir de courir marchés de Noël et boutiques pour dénicher les cadeaux parfaits.
Obligée de faire les magasins… N’est-ce pas merveilleux?

Le souci, c’est que lesdits magasins à Noël, comportent une densité moyenne de vendeuses au mètre carré qui, personnellement, m’est difficilement supportable. Voyez-vous, le choix d’un fond de teint, en soi, est déjà une opération délicate, sans qu’une impudente vienne vous perturber pendant ce moment critique.
1° Centre commercial = environnement surchauffé par un éclairage excessif et sa concentration particulièrement élevée en nanas hystériques. Autrement dit, il fait CHAUD. Tension.
2° L’effrontée vous écoute dérouler la liste de vos attentes, puis vous affirme du haut de son mètre soixante trop maquillé qu’il vous faut exactement le contraire.
3° Déjà, ce n’est pas agréable quand on est toute seule. Mais s’entendre dire devant son accompagnateur, même compatissant, qu’on a la peau rosée et sensible (version politiquement correcte pour “mais ma fille, t’es rouge et tu pèles!”), je sais pas vous, moi ça m’a donné envie de la mordre. Ce qui aurait bien pu arriver si elle n’avait pas senti que je fulminais, de même que le susnommé devant lequel je ne tenais pas spécialement à passer pour une psychopathe. Cela dit, je crois qu’il commence à être habitué (hein, Susnommé?
). Démonstration :
- Non, sérieusement, je crois que j’avais vraiment trop bu l’autre soir. J’ai dû te dire plein de bêtises…
- Bof… Pas plus que d’habitude…
…
Achevez-moi.

